Patrick Cauvin parle de Menteur

Pour la collection « Classiques & Contemporains », Patrick Cauvin (alias Claude Klotz) a accepté de répondre aux questions de Laurence Sudret, auteur de l’appareil pédagogique de Menteur.

 

Laurence Sudret : Le héros est un professeur de philosophie enseignant à la Sorbonne. Vous avez, vous-même, étudié la philosophie dans cette université. Avez-vous fait appel à des souvenirs de vos professeurs pour le personnage de Berthier ?

Patrick Cauvin : Oui, bien sûr, j’ai fréquenté suffisamment la Sorbonne pour pouvoir m’en servir… l’ambiance des amphis, les cours, etc.

L. S. : Antoine Berthier semble très conscient de ce qu’il est, de ses faiblesses et de ses lacunes. Vous essayez de le rendre très vraisemblable en le faisant ressembler à « Monsieur Tout le Monde ». Est-ce dans ce but que vous avez utilisé la première personne du singulier ?

P. C. : Oui, également… Je suis « Monsieur Tout le Monde », je me suis pris pour modèle, d’où le « je ».

L. S. : Dans l’entretien que vous aviez eu avec Marie Lescure pour Killer Kid, vous aviez déclaré : « Quand je me mets à ma table de travail, je ne sais pas exactement ce qui va se passer pour mes personnages. » Quand avez-vous donc décidé de choisir un « happy end » et qu’est-ce qui vous a fait choisir cette issue ?

P. C. : J’avais envie que ça se termine à la fois bien étant donné la couleur générale du roman et également sur un nouveau mensonge… Le héros, toujours par sa faute, se trouve embarqué à nouveau dans une galère… Après tout, c’est sa destinée.

L. S. : Le monde du cinéma est très présent dans votre roman : par les termes, les noms des acteurs, des films… Vous avez vous-même écrit pour le cinéma et certains de vos ouvrages ont donné lieu à des adaptations. Quelles relations établissez-vous entre le monde du cinéma et celui de la littérature ?

P. C. : C’est un lourd sujet que celui des rapports entre cinéma et littérature… Les adaptateurs le connaissent bien. Un livre est un livre et n’est pas originellement fait pour passer à l’écran, c’est à chaque fois un casse-tête pour passer du mot à l’image.

L. S. : Le quiproquo entre les deux Antoine Berthier du livre est très drôle. Deux personnes partagent le même nom : l’un est auteur de romans policiers, l’autre se délecte de philosophie. On peut rapprocher cela de votre situation en l’inversant : une seule personne porte deux noms et écrit des romans policiers sous l’un et des romans moins noirs sous l’autre. Est-ce un clin d’œil à votre situation que vous avez voulu faire ? Claude Klotz et Patrick Cauvin sont-ils deux auteurs bien distincts ?

P. C. : Klotz et Cauvin ont été très distincts, c’était le Rose et le Noir. C’est moins vrai aujourd’hui mais il est certain que dans le cas de Menteur reviennent sur sa personne les deux tendances, ce qui d’ailleurs permet des effets comiques.

L. S. : Pratiquez-vous vous-même le mensonge ?

P. C. : Comme tout le monde… Mais je suis fasciné par les petits mensonges qui entraînent leur auteur dans de grandes mésaventures, c’est le ressort du roman.

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