Jacques Lanzmann parle du Têtard

Pour la collection « Classiques & Contemporains », Jacques Lanzmann a accepté de répondre aux questions de Marie Lescure, auteur de l’appareil pédagogique du Têtard.

Marie Lescure : Votre roman Le Têtard a toutes les apparences du roman autobiographique. Est-ce votre enfance et votre adolescence qui sont racontées dans cette œuvre ? Quelle est la part de la fiction et celle de la réalité ?
Jacques Lanzmann : Le roman est effectivement autobiographique. Il est ce qu’a été mon enfance, mon adolescence. Il est ma vérité.
M. L.  : On raconte que vous avez des talents d’artiste-peintre. Est-ce vrai ? Si oui, continuez-vous à les exploiter ?
J. L. : J’ai peint durant 6 ans. J’avais effectivement du talent. J’ai abandonné en 1955 à Santiago du Chili après un tremblement de terre. Je n’ai, depuis, jamais retouché à un pinceau.
M. L. : De toutes les activités que nous vous connaissons : journaliste, parolier, scénariste, quelle est celle qui vous a apporté le plus de satisfaction ?
J. L. : Vous oubliez la principale : c’est le romancier, l’écrivain que je préfère en moi. Et il me le rend bien. Le romancier est seul face à lui-même. Enfin, pas tout à fait, il est « peuplé » par les personnages qu’il met au monde.
M. L. : Parmi les journaux auxquels vous avez collaboré, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué et pourquoi ?
J. L. :
Marqué, c’est beaucoup dire. Disons que j’en ai marqué plusieurs. D’abord Lui que j’ai créé avec Daniel Fillipachi. Puis VSD avec Siegel. J’achète chaque semaine L’Express, L’Observateur, Courrier international.
M. L. : Votre notoriété est aussi attachée à l’originalité des textes que vous avez composés, notamment pour Jacques Dutronc. Comment êtes-vous devenu parolier ? La légende raconte que c’est grâce à une fille que vous auriez attendu et qui ne serait pas venue. Qu’en est-il ?
J. L. : Il n’y a pas de légende. Le directeur artistique de Jacques Dutronc est venu me voir à Lui. Il m’a dit :
– Il paraît que vous écrivez des livres. Alors vous devriez être capable d’écrire des chansons.
J’ai répondu :
– D’accord, on peut toujours essayer.
J’ai essayé et ça a marché.
M. L. : De tous vos textes de chansons, quels sont ceux qui vous tiennent le plus à cœur et pourquoi ?
J. L. : Peut-être : « J’aime les filles », « La fille du Père Noël », « Et moi et moi », « L’opportuniste ».
M. L. : Vous employez le subjonctif imparfait avec facilité ; vous avez le goût de la belle langue, même pour aborder les sujets les plus triviaux. Quelles études avez-vous faites ? Y’a-t-il un écrivain classique dont vous vous sentez particulièrement proche ?
J. L. : J’emploie ce que je pense être juste. Je me trompe parfois. Je n’ai été à l’école que trois ans : de 5 à 8 ans. Ensuite, plus rien. J’ai appris à lire à 16 ans dans les maquis. Et je fais toujours plein de fautes d’ortographe.
M. L. : À la fin du Têtard, vous évoquez la Résistance. Cette période est au programme des classes de troisième. Avez-vous un message à transmettre aux jeunes générations ?
J. L. : Dire, leur dire que l’on doit toujours résister contre l’ennemi, contre l’oppresseur, contre les abus de la société, contre l’absurdité.
Résister aussi contre nous-même, contre ce qu’il y a de pire en nous.

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