Fred Vargas parle de Pars vite et reviens tard

Pour la collection « Classiques & Contemporains », Fred Vargas a accepté de répondre aux questions de Michèle Sendre-Haïdar, auteur de l’appareil pédagogique de Pars vite et reviens tard.

Michèle Sendre-Haïdar : Dans votre roman Pars vite et reviens tard, le lecteur retrouve des personnages déjà présents dans vos œuvres précédentes, à savoir : le commissaire Adamsberg, son adjoint Danglard et « leur » amoureuse, Camille. Pourquoi choisissez-vous de les faire réapparaître depuis L’Homme aux cercles bleus ? Est-ce aussi pour marquer une filiation avec d’autres auteurs célèbres de romans policiers comme Simenon, Frédéric Dard ?
Fred Vargas : Non, ce n’est pas pour respecter une « filiation », mais il est vrai que le genre policier fait très souvent appel à des personnages récurrents.  Pourquoi ? Parce que, je crois, le héros d’un roman policier est, à sa manière, dans la lignée des « héros » de l’épopée, dont l’action est résolutive, et dont la quête ne peut se faire en un seul épisode. Toutes proportions gardées, Ulysse ou Lancelot font de bien longs voyages. Eh bien, celui d’un héros de roman policier est assez comparable : son chemin vers la « vérité » est long, et se construit enquête après enquête. Un seul roman n’est qu’un fragment de sa route.
M. S.-H. : Ce roman donne des indications très précises sur les épidémies de peste qui ont sévi en Europe au Moyen Âge et sous l’Ancien Régime. Pourriez-vous expliquer aux élèves très concrètement comment vous avez procédé pour effectuer ces recherches ? Le texte que vocifère le « crieur », Joss, est-il authentique ?
F. V. : C’est tout simple. En tant qu’archéologue médiéviste, j’ai beaucoup travaillé sur le rat et la peste, et publié un livre sur l’épidémiologie de cette maladie. À mesure que je procédais à mes travaux de recherche, je mettais de côté certains textes en vue d’un roman policier. Tous les renseignements et les textes anciens sur la peste dans Pars vite… sont donc historiquement vrais, à l’exception d’un seul que j’ai partiellement inventé, celui sur le chiffre « 4 », dont il est dit qu’il ne sonne pas « juste ». Mais l’utilisation protectrice du « 4 » est vraie.
M. S.-H. : L’écriture de votre roman témoigne d’un réel travail sur la langue. Consacrez-vous beaucoup de temps à la rédaction du manuscrit ? à sa ou ses réécritures ?
F. V. : Très peu de temps à l’écriture : trois semaines. Mais beaucoup de temps au travail de correction sur la langue : environ une trentaine de relectures et réécritures, qui s’étagent sur plusieurs mois.
M. S.-H. : Vous a-t-on déjà fait des propositions pour adapter une de vos œuvres au cinéma ? Si oui, laquelle ? Et accepteriez-vous que vos intrigues, vos personnages soient donnés « à voir » au spectateur ?
F. V. : Pars vite… et Sous les vents de Neptune sont actuellement en tournage. Mais je ne veux pas m’en mêler et je m’en tiens très loin.
M. S.-H. : Le genre policier est aujourd’hui très en vogue. Comment expliquez-vous ce succès ?
F. V. :
Au fait, sans doute, que le genre narratif a presque disparu de la littérature contemporaine, alors qu’il était encore très présent au XIXe siècle. Qui veut aujourd’hui « lire une histoire » est obligé d’aller chercher un roman policier.

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