Auteur : Ricarda Huch

Née le 18 août 1864, à Brunswick, en Allemagne, Ricarda Huch est fille de commerçant. Loin de subir le destin commun des jeunes filles de cette époque, elle fut une pionnière : première jeune fille admise à l’Université de Zurich (car aucune université allemande n’admettait de femmes), elle suivit de brillantes études qui la menèrent jusqu’au doctorat d’Histoire en 1891. Ricarda Huch étudia également la philologie et la philosophie.
Dans les années qui suivirent, elle exerça la profession de bibliothécaire, puis enseigna l’histoire et l’allemand à Brême, avant de partir pour Vienne. Sa carrière littéraire prit son essor : sous le pseudonyme de Richard Hugo, elle publia plusieurs volumes de poésie lyrique, de style néo-romantique tel Gedichte (Poésies) en 1907. Dans ces recueils, elle célébra l’amour qu’elle portait à son cousin Richard Huch, qu’elle épousa en secondes noces en 1907. En 1906, elle avait divorcé de son premier mari, un dentiste italien, avec lequel elle connut la maternité.
Son séjour à Trieste, lui inspira ses premiers romans de facture résolument romantique : Errinerrungen von Ludolf Ursleu dem Jungeren (1892), Aus der Triumphgasse (1902). Elle y évoque, entre autres, de manière romantique et réaliste, les bas-fonds de Trieste. Son thème de prédilection, la volonté de vivre, y est bien présent, ainsi que dans son ouvrage suivant, Vita somnium breve (1903). Ricarda Huch consacrera également des ouvrages à l’unité italienne (Die Geschichten von Garibaldi, 1906-1907).
Elle se tourne ensuite vers les travaux historiques tels que sa trilogie consacrée à l’histoire de l’Allemagne, Deutsche Geschichte (1912-1949). La fiction, cependant ne sera pas abandonnée, puisque paraîtront des nouvelles, et même un roman policier à caractère psychologique, Der Fall Daruga, en 1917.
Mais Ricarda Huch est surtout connue dans le monde entier pour sa résistance au nazisme. Membre de la prestigieuse Académie de Prusse pour les Arts, elle s’opposa à l’exclusion d’Alfred Döblin, en 1933, puis à celle de Thomas Mann, lors de la prise de pouvoir d’Hitler. Les nazis exigeaient que les écrivains fassent, par écrit, allégeance au nouveau régime au sein de la nouvelle Académie Nazie des Écrivains.
Son indépendance d’esprit, son hostilité aux thèses nazies lui valurent, à elle et sa famille, bien des ennuis, mais elle échappa à la prison. Hitler et Goebbels la poursuivront toujours en vain (lui adressant un télégramme de félicitations pour ses 80 ans !). Elle osera même dire son admiration pour les auteurs de l’attentat contre Hitler en 1944.
Auteur d’un essai remarqué sur le Romantisme, comparée à Germaine de Staël, nommée Présidente honoraire du Premier Congrès des Écrivains Allemands de Berlin en 1947, Ricarda Huch fut nommée la « Première femme d’Allemagne » par Thomas Mann. Elle préparait un important volume consacré à la Résistance quand elle fut surprise par la mort, le 17 novembre 1947. D’elle reste cette volonté implacable d’œuvrer pour la liberté.

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