Auteur : Oscar Wilde

Oscar Wilde, auteur irlandais, s’est fait connaître non seulement par ses nouvelles, articles de journaux ou pièces de théâtre, mais également par sa personnalité et son esprit vif aux traits acérés. Né en 1854 à Dublin et mort en 1900 à Paris, il connut une vie mouvementée et fut condamné à deux ans de travaux forcés pour avoir affiché ouvertement ses relations homosexuelles avec le jeune Lord Alfred de Queensberry, surnommé « Bosie ».

Cet emprisonnement lui laissa des séquelles dont il ne se remit jamais. Cela contribua à mettre un terme à sa carrière, car après sa condamnation il n’écrivit que deux textes : une lettre, De Profundis, adressée à son amant pendant qu’il était en prison, et La Ballade de la geôle de Reading écrite en 1898, soit un an après sa libération.

Si la question de son homosexualité entacha sa réputation de son vivant, Wilde a retrouvé depuis la place qui lui revient dans le Panthéon des hommes de lettres. Il reste encore aujourd’hui l’homme d’esprit, celui dont les saillies spirituelles pouvaient amuser aussi bien des femmes de la bourgeoisie londonienne que des ouvriers américains.

Cet esprit et cet humour caustique se retrouvent dans cette nouvelle qui ne peut laisser indifférent. En effet, Oscar Wilde s’amuse dans ces pages à dénoncer les préjugés, la bêtise liée aux a priori, l’oisiveté de la noblesse anglaise, tout en mettant en scène des personnages dont on ne sait plus très bien s’ils sont sympathiques ou franchement ridicules. Le lecteur est ainsi placé dans une situation étonnante, car à aucun moment il ne peut s’identifier à l’un des protagonistes : que ce soit Lord Arthur qui se sent obligé de tuer quelqu’un parce que les lignes de sa main le lui prédisent, ou bien le chiromancien qui impose son autorité sur les nobles qui l’entourent alors qu’il est d’une banalité effrayante, ou encore Sybil, la fiancée dont la principale vertu est sans aucun doute la patience. Leurs comportements prêtent à rire, tant ils sont grotesques.

Cette galerie de personnages est, de plus, au service d’une histoire pour le moins surprenante : un jeune noble devient un assassin car il y est, selon lui, forcé par le destin et que son bonheur conjugal en dépend.

Enfin, n’oublions pas le style incomparable d’Oscar Wilde, qui associe à une écriture très travaillée une ironie mordante et un humour qui ne peuvent que faire sourire le lecteur. Nulle autre possibilité que de se prendre au jeu pour savoir qui sera tué et comment ; impossible en outre de ne pas s’amuser. Le lecteur est prévenu : lire une nouvelle d’Oscar Wilde, c’est devenir adepte de sa prose !

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