Auteur : Léon Werth

Si l’on cite le nom de Léon Werth, il y a fort à parier que celui de Saint-Exupéry ne tardera pas à lui être associé. C’est que Léon Werth est le fameux dédicataire du Petit Prince. Mais s’il y a une chose dont on est sûr après la lecture de 33 jours, c’est bien que Léon Werth fait partie de ces êtres qui gagnent notre admiration pour la raison même qu’ils ne la réclament pas.
Ces « méditations historiques » sont d’abord un témoignage éclairé sur une époque qui ne l’était guère. Ensuite, ce qui en fait un véritable trésor caché (mais à faire découvrir !), c’est qu’il est écrit dans une langue claire et poétique. Enfin, Lucien Febvre, historien, en présente lui-même le caractère humaniste : « Il y a en Werth un historien […]. Il y a bien autre chose. Une inquiétude qui toujours s’analyse. Une justice qui sans cesse éprouve le besoin de se justifier. Une méfiance, une horreur instinctive, une haine lucide du lieu commun. »
En effet, nul manichéisme dans ces pages où chaque terme est pesé, chaque comportement analysé, chaque jugement différé. L’auteur est un homme attaché aux nuances qui se refuse à toute pensée « trop simple » et sa dédicace nous met d’emblée dans l’ambiance du livre : « C’était le temps où ils [les Allemands] étaient « corrects », qui précède le temps où ils nous donnèrent des « leçons de politesse »».
Né le 17 février 1878 à Remiremont et mort à Paris le 13 décembre 1955, Léon Werth fut naguère un anticonformiste notoire. Après des études prestigieuses au lycée Henri-IV de Paris, où il a obtenu une licence de lettres, il entame une carrière de journaliste dit «polémique», terme qu’il n’admet pourtant guère si l’on en croit cette remarque de son Journal : « Je serai toujours reconnaissant à Valéry Larbaud d’avoir écrit que, même s’il détestait quelques-uns de mes emportements, il ne lui vint jamais l’idée de les rabaisser au plan de la polémique ».
En 1913, il publie son premier roman La Maison Blanche, sélectionné au Goncourt la même année que Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier.
De 1914 à 1917, il combat pour la France après s’être engagé. Au bout de seize mois, il est réformé et publie des articles pacifistes, ce qui lui valut cette étiquette de « polémique ».
En 1925, sa femme, Suzanne, lui donne un fils, Claude, auquel Léon Werth fait parfois discrètement allusion dans 33 jours.
C’est en 1932 qu’il fait la connaissance de celui dont il devient le meilleur ami : Saint-Exupéry.
Durant la Seconde Guerre mondiale et à cause de ses origines juives, il est obligé de vivre dans la clandestinité et même de fuir Paris. C’est cet exode qui est raconté dans 33 jours.

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