Auteur : Daniel Defoe

Si la postérité n’avait fait confiance qu’au jugement de Daniel Defoe sur son œuvre, nous ne connaîtrions certainement pas Robinson Crusoé, écrit à la fin de sa vie, à soixante ans, ni les autres romans du prolifique écrivain anglais. Daniel Defoe – né Daniel Foe vers 1660 – a débuté dans des affaires qui le ruinent, refusant la carrière ecclésiastique que son père aurait souhaitée. Il se lance dans la politique en écrivant des satires contre Jacques II, roi catholique contesté, et favorise ainsi l’accès au pouvoir de Guillaume III en 1689. Ayant fait faillite, il fuit Londres pour échapper à la prison, s’arrange avec ses créanciers qui le poursuivront toujours, obtient un emploi de receveur d’impôt, fonde une fabrique de tuiles et s’enrichit enfin. Il publie un recueil de ses idées sociales et politiques et devient journaliste.

Protégé par un parlementaire influent, il fonde une revue politique dans laquelle, pendant neuf ans, il publiera à un rythme épuisant plus d’un millier d’articles. N’écrivant que pour vivre, il édite des récits sur l’actualité qui plaisent au public et offre sa plume opportuniste à tous les camps politiques, ce qui lui vaut le mépris de ses contemporains. Père du journalisme moderne, Defoe fonde une revue économique dans laquelle il fait entrer dans le débat d’idées les préoccupations des classes populaires. Sa faculté d’adaptation aux pensées et aux opinions des uns et des autres lui donne une idée : se mettre dans la peau d’un personnage et lui inventer des aventures fictives. Il crée un genre nouveau et c’est avec Robinson Crusoé qu’il l’inaugure.

En 1712 avait paru, avec succès, le récit de la découverte d’un Écossais qui avait survécu quatre ans, seul, sur une île déserte. Defoe décide de s’inspirer de cette histoire vraie et de publier en 1719 les mémoires fictifs d’un naufragé nommé Robinson Crusoé. Désobéissant à son père qui préférerait pour lui une vie bourgeoise et tranquille, Robinson n’a qu’une idée en tête : partir à l’aventure. Seul survivant du naufrage de son navire, il passe vingt-huit ans sur une île à réinventer un monde et se lie d’amitié avec un jeune sauvage qu’il baptise Vendredi.

C’est un triomphe dont Defoe profite immédiatement en publiant une suite des aventures de Robinson, puis des ouvrages construits sur le même principe de la fausse autobiographie : Mémoires d’un cavalier, qui passe pour être le premier roman historique, Moll Flanders, Journal de l’année de la peste… En tout, neuf romans en cinq ans, auxquels s’ajoutent les nombreux autres livres qu’il continue à écrire. On estime à plus de quatre cents le nombre d’ouvrages publiés par Daniel Defoe. Toujours poursuivi par ses créanciers et couvert de dettes, il meurt en 1731 à soixante et onze ans, considérant comme mineurs des ouvrages qu’il n’avait écrits que comme des marchandises, selon la loi de l’offre et de la demande. Parmi eux, une œuvre de génie à l’origine d’un mythe universel : Robinson Crusoé, présenté ici dans une traduction inédite de Françoise du Sorbier.

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