Auteur : Charles Baudelaire

Charles Baudelaire naît à Paris en 1821, « fruit malvenu » dira-t-il d’une « union disproportionnée » entre une orpheline de 28 ans, Caroline Dufayis, et un vieillard de 62 ans, prêtre avant la Révolution et chef de bureau au Sénat, qui meurt en 1827. Le remariage de sa mère en 1828 écourte une période d’intimité dont il aura toujours la nostalgie. Son beau-père, Jacques Aupick, est un jeune officier brillant. Dès l’âge de huit ans, Baudelaire est interne à Lyon puis à Paris. Peu studieux, il excelle cependant en vers latins.

En 1839, son baccalauréat obtenu, il décide de profiter de sa liberté nouvelle. Sa volonté d’être poète et ses fréquentations effraient ses parents qui le font embarquer, en 1841, pour un voyage aux Indes ; mais, à La Réunion, il exige de se faire ramener en France. Entré en possession de sa part d’héritage paternel à sa majorité (1842), il fréquente assidûment la « bohème » littéraire, Théophile Gautier surtout, et rencontre l’actrice Jeanne Duval, une métisse à la beauté sensuelle avec qui il se déchirera misérablement durant quinze ans. Baudelaire écrit de nombreux poèmes qu’il récite à ses amis mais ne publie pas. Il collectionne des tableaux anciens, s’habille avec recherche et dépense en deux ans la moitié de son héritage.

En 1844, sa famille décide de le mettre sous tutelle : le notaire ne lui versera plus qu’une mensualité de deux cents francs. La précarité financière le contraindra à mener jusqu’à sa mort une vie errante d’hôtels en garnis pour échapper à ses créanciers, à quémander des subsides à sa mère et… à publier : des articles de critique d’art, et surtout des traductions d’Edgar Poe avec qui il se découvre des affinités.

Il annonce en 1845 la parution d’un recueil, Les Lesbiennes, et fait une tentative de suicide. Dès 1846, les yeux verts de l’actrice Marie Daubrun le séduisent – jusqu’en 1859, même s’il est supplanté par Banville. En 1848, il participe à la révolution aux cris de : « Il faut aller fusiller le général Aupick ! » Celui-ci commande alors l’École polytechnique et finira sénateur sous le Second Empire. À partir de 1852, Baudelaire envoie anonymement plusieurs poèmes à leur inspiratrice platonique, Mme Sabatier, qui tient un salon littéraire et se fait entretenir.

Le recueil promis, Les Fleurs du Mal, est publié en 1857, mais six poèmes sont interdits à la suite d’un procès. À sa parution, Flaubert manifeste son enthousiasme, Hugo (avec quelque distance) et Leconte de Lisle sont élogieux. En 1861 paraît une deuxième édition, très remaniée, et dans les années suivantes sont publiés en revue de nombreux poèmes en prose. La maladie (une syphilis contractée dans sa jeunesse et mal soignée) le rattrape : il a senti passer sur lui « le vent de l’aide de l’imbécillité » (23 janvier 1962). L’amertume et les ennuis financiers l’incitent à partir pour la Belgique (1864). C’est là qu’une attaque cérébrale (mars 1866) le laisse hémiplégique et aphasique, mais lucide. Sa mère, aidée de ses amis, le ramène en France où il meurt, le 31 août 1867, âgé de quarante-six ans. En 1868 et 1869 paraissent les poèmes posthumes des Fleurs du Mal et des Petits Poèmes en prose.

Héritier critique des grands romantiques, Baudelaire se distingue d’eux par la densité de sa poésie et sa conception métaphysique du langage. C’est par là qu’il influence directement Rimbaud, Mallarmé, les symbolistes et toute la poésie du XXe siècle. « La résonance, après plus de soixante ans, de l’œuvre unique et très peu volumineuse de Baudelaire emplit encore toute la sphère poétique », écrit Valéry en 1929 (Situation de Baudelaire).

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